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Migration et parlements

Écrit par SANGO. Publié dans Non catégorisé

 

 

  • Les transformations sont survenues avec la détérioration des conditions de vie des paysans, dues aux perturbations climatiques des années soixante-dix. De saisonnières, les migrations sont devenues semi-permanentes, et dans une troisième étape, définitives. Ce mouvement s’est produit en concomitance avec les mutations sociales.
  • En effet, alors que seuls les jeunes et les adultes non mariés émigraient autrefois, l’on a eu affaire avec le temps, à des départs en couple, puis au niveau de familles entières. Or il est facile d’observer, que plus ce mouvement s’accentue, plus cela signifie que les migrants partent pour une longue durée, puis pour toujours. Les mouvements deviennent définitifs et irréversibles, ce qui change radicalement les rapports avec les pays d’origine.
  • Doit également être pris en considération le facteur de la distribution globale des migrations, en la croisant avec la dimension géopolitique.
  • Il est important de rappeler un fait essentiel : les migrations en Afrique sont d’abord interafricaines. L’acuité des drames qui accompagnent actuellement les migrations à travers la Méditerranée dans le sens Sud-Nord, avec la surmédiation qu’elle induit, occulte complètement cette réalité. L’action des parlements ne peut l’ignorer ou même le négliger.
  • Sur dix-huit millions de Burkinabè, quatre à cinq millions ont émigré en Côte d’Ivoire, et deux millions au Ghana. Les Burkinabè constituent par ailleurs la première colonie étrangère au Mali et au Niger. Dans l’ensemble, sur la totalité des émigrés du Burkina Faso dans le monde, moins de deux cent mille sont partis hors d’Afrique. De telles projections ne sont certes pas valables pour tous les pays africains, mais la tendance générale est bien celle-là. Elle est d’ailleurs universelle : comme le montrent les exemples actuels de l’Afrique australe, du Moyen-Orient et du conflit syrien, les hommes émigrent d’abord dans leur voisinage immédiat.
  • Pour autant, on ne peut minimiser les changements majeurs qui se sont opérés au cours de la dernière décennie et qui marquent les migrations africaines. Il s’agit du départ de nombreux jeunes et même des familles entières d’Afrique, tentant dans des conditions souvent tragiques, de gagner l’Europe. Au –delà, de plus en plus de jeunes Africains émigrent principalement aux Etats-Unis et au Canada.
  • La problématique des migrations ne se limite certes pas au phénomène dans ses aspects structurels. Elle tient aussi à la manière dont on l’appréhende. Les migrations ne constituent pas une pathologie des mouvements humains ou sociaux. Elles sont un phénomène normal, quasiment incompressible, permanent dans l’histoire de l’humanité. C’est là une permanence de l’histoire.
  • Dès lors qu’une personne ou un groupe d’hommes et de femmes considèrent qu’ils peuvent mieux répondre à leurs besoins, notamment vitaux, ailleurs, que là où ils vivent, la tendance normale est de chercher à y aller.
  • La question de fond n’est donc pas de savoir ce qu’est l’émigration, mais celle de sa gestion. Celle-ci doit intégrer ce que l’émigration peut apporter en termes de développement, pour les pays qui génèrent les départs de population, mais aussi pour les Etats d’accueil. Alors que les transferts des revenus migratoires sont importants pour le Burkina et le Mali, le miracle ivoirien est en grande partie le faits des immigrés.
  • Dans cette perspective, la dynamique interne des Etats d’origine des migrants est déterminante. Elle est liée certes à la manière dont les émigrés eux-mêmes conçoivent leur action. Ils sont les premiers acteurs des initiatives qu’ils sont amenés à prendre. Mais elle dépend également des acteurs institutionnels que sont les gouvernements et les parlements.

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